Biblio-pépite : Mes années grizzly, Doug Peacock

Pour qui aime l’Amérique, les ours bruns, la nature sauvage, les parcs boisés de résineux, l’absurdité et la complexité des existences de certains vieux loups humains, à l’instar de Doug Peacock, Mes années grizzly est un trésor à lire au coin du feu, au rythme des crépitements du bois sec. Dans ce très beau livre, Doug Peacock nous montre qu’une vie, pourtant sans jamais être linéaire, n’est pas assez, que son sens peut aussi se construire sur le tard, qu’il est toujours temps d’avancer plutôt que d’abdiquer dans le chaos traumatisant des épreuves du temps. Ce livre nous parle de la vie détruite d’une homme qui, à travers sa fascination pour les grizzlis, va puiser dans la nature les matériaux de sa reconstruction intérieure! Beau programme…

Laminé par la guerre du Vietnam où il reste près de 18 mois,  le nouveau combat de Doug replace l’homme désarmé à sa place dans l’échelle du temps et du monde. Son récit sonne comme celui d’une reconquête, celle de l’amour du risque, sentiment nécessaire qu’il inocule avec brio chez ses lecteurs. Doug tente de comprendre les ours et s’en approche, sans jamais porter d’arme. Il le dit lui même: « J’ai besoin d’être confronté à des grands animaux féroces capables de réduire des hommes en bouillie pour retrouver la concentration totale propre au chasseur (…) c’est à ce moment là seulement que les vieux sens rouillés, émoussés par les excès urbains, reprennent vie, fouillant les ombres pour découvrir des formes, des sons et des odeurs. »

Il reste en planque des heures, suit les traces dans la boue, sonde les étrons, campent dans l’habitat des ours. C’est ainsi que j’ai l’habitude de vivre et camper en pays grizzli: invisible – ou du moins, essayer de passer le plus inaperçu possible. » Doug, en tant que spécialiste des ours, donne au passage de très bons conseils pour éviter les problèmes avec eux, mais ses histoires, bien que racontées avec poésie, célérité et sincérité, mettent souvent des frissons dans le dos! Il y a des livre qui comme les immenses paysages du grand Nord rendent sauvage… Rien de tel pour se préparer mentalement à notre arrivée en Alaska. A lire absolument, chez Gallmeister ! Virgile

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