Outillage, quelle équation?

Il est difficile de choisir ses outils avant un long voyage à vélo. Quoi prendre? Une clé anglaise, un marteau piqueur, un tube de graisse de 450 ml, une pompe à pied, une corne de rhinocéros ? Avec peu de matériel un et un brin d’expérience, il semblerait qu’on puisse se dépatouiller de toutes les petites colères d’écrous. Voyons un peu.

Pour notre traversée des Amériques, nous sommes équipés de vélos Génésis Fortitude Adventure à transmission Shimano Alfine 11 vitesses intégrées dans le moyeu, donc pas de dérailleur, pas de plateaux, ce qui limite la quantité d’outils à emporter. Pas besoin, donc, d’une patte de dérailleur de rechange et du sempiternel fouet à chaîne. D’ailleurs, pour une transmission classique, une vieille chaine et un rayon (passer le rayon dans un maillon de la chaîne) peuvent très bien faire l’affaire si vous avez une pince étau et un démonte cassette.

La pince étau, pierre angulaire de l’atelier mobile? Oui. Vu son poids, cet outil sert aussi bien à enfoncer les sardines de tente dans la rocaille qu’à assommer un ours. Mais cette clé peut se révéler fort utile pour redresser un roue tordue (en dernier recours, si la roue est passée sous un camion), pour bloquer un écrou, desserrer une pédale etc. J’aime la pince étau et l’assume pleinement, quoiqu’en dise la morale mécanicienne.

Clé BTR ou Allen avec tourne vis cruciforme et plat. La ceinture de sécurité peut sauver la vie, un kit de clé Allen le voyage. Sur un vélo, tout se démonte avec avec ça.  Must take!

Clé à rayon. Plus pratique pour accorder les roues quand elles commencent à chanter faux et à émettre des sons métalliques. On pourra toujours traiter le problème avec un Leatherman ou la pince étau, mais soigner une entorse avec un porte-avion n’est que zèle quand on sait qu’une cél à rayon ne coûte que 2 € et pèse quelques dizaines de grammes. Nous, on en prend une!

Dérive chaîne. A ne pas oublier. Sinon, comment réparer la chaîne? Au pire, en recourant à la méthode africaine, avec une sardine de tente et la clé étau, mais pas sûr que ça fonctionne dans la durée!

Un peu d’huile pour la chaîne (un peu de diesel pourra dépanner!) de graisse blanche dans un tube recyclé, genre vitamine C! Attention, ne pas négliger la graisse, sa qualité est primordiale si vous partez longtemps, en atteste Patrick le mécanicien de Vélonaute qui travaillé des années sur des vélos de « tourdumondistes ». Allez le voir rue Tronchet, à Lyon, il est une encyclopédie qui a réponse à bien des mystères vélocipédiques.

Un Leatherman avec pince étroite et coupante. La lame saura aussi se montrer utile pour couper une mangue, un morceau de bison ou de la liane pour fabriquer un pont de singe.

Cordelette, rizlans (colliers en nylon), scotch gris épais (pour réparer la toile de tente déchirée ou un pneu en attendant mieux).

Nécessaire couture (réparer un fond du culotte ou un pneu), nécessaire crevaison avec démonte pneus en plastique. Je recommande vivement la marque Tip Top. Pour faire la différence avec vos échecs du passé : pas besoin d’eau pour trouver le trou (!). Gonflez, passez la chambre à l’oreille, sentez le filet d’air vous chatouiller puis bien dégraisser la zone percée avec le papier de verre avant de mettre la colle. Laisser sécher la colle presque intégralement avant de plaquer votre rustine, et serrez la chambre à air entre vos paumes pendant 20 secondes pour que la rustine soit bien soudée. Et, avant de remonter votre chambre à air, vérifier votre pneu en passant la main à l’intérieur.

Pneus, patins de frein/plaquettes, rayons, chaîne de rechange, pignons, plateaux, câbles, disques (prendre une clé démonte cassette shimano pour démonter un modèle « centerlock »), huile de vidange pour hub (Shimano ou Rolhoff).

Et le plus important, l’objet le plus utile : une POMPE solide avec cordon. Une pompe à 10€ peut faire le tour du monde si vous graisser les joints régulièrement!

En route… et pour les oublis, l’aventure saura y pallier!

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